L’obésité, ces quelques kilos en trop qui peuvent coûter la vie

Une enquête réalisée en 2018 par Sciensano, le centre fédéral de recherche sur la santé, nous apprenait que 15,9% de la population belge est obèse. L’obésité étant considérée comme un enjeu de santé publique majeur, de nombreuses initiatives concernant sa prévention et son traitement sont mises en place par des établissements hospitaliers. La Clinique André Renard par exemple dispose d’un centre dédié à la prise en charge des patients souffrant d’excès de poids. Immersion au cœur de ce centre offrant une approche thérapeutique médicale et/ou chirurgicale personnalisée aux patients concernés.

Une pathologie officiellement reconnue

En 1997, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’obésité, définie comme « Une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. », comme maladie chronique. En 2014, c’est la Cour de justice de l’Union européenne qui prend la décision de reconnaître l’obésité comme un handicap dans la sphère professionnelle. Ces décisions officielles marquent un réel tournant dans la prise en charge et l’attention portées sur cette maladie. Aujourd’hui, les patients qui en sont atteints peuvent se faire accompagner par des équipes soignantes spécialisées, sans stigmatisation ni culpabilité. Avant d’essayer de comprendre comment les patients sont accompagnés par ces soignants, il est d’abord essentiel de comprendre pourquoi il est important d’entamer un parcours de soins lorsque le surpoids (menant à une obésité) devient un danger pour la santé.

Les risques et les conséquences liés à l’obésité sont nombreux. Ainsi, il a été démontré que de nombreuses maladies chroniques lui sont associées, telles que des maladies cardiovasculaires, le diabète, des troubles musculo-squelettiques ou encore certains cancers. Les causes de l’obésité et du surpoids sont également diverses et multifactorielles. Les facteurs génétiques, les facteurs alimentaires, les facteurs psychologiques ou encore le manque d’activité physique sont quelques-unes des explications possibles. Certains signaux peuvent cependant mettre la puce à l’oreille et doivent conduire à une certaine prise de conscience concernant son poids. « Il faut s’inquiéter à partir du moment où son état de santé se dégrade (diabète, HTA, problèmes cardiaques, infertilité). Où l'on sent que le quotidien devient compliqué à causes des douleurs articulaires, de problèmes respiratoires, d'un sommeil de moins bonne qualité... Par exemple, on a plus de mal pour monter un escalier ou pour jouer avec les enfants. » détaille Sophie Reip, Diététicienne et Responsable du service diététique de la Clinique André Renard.

Dans ce cadre, la prise en charge des patients atteints d’obésité doit se faire de manière individualisée et c’est donc à cet effet que certains hôpitaux créent des unités dédiées, à l’instar de la Clinique de l’obésité de la Clinique André Renard.

Accompagner le patient dans sa nouvelle vie

La Clinique André Renard, située à Herstal, dispose d’une Clinique de l’obésité. Cette unité, supervisée par le Docteur Christian Walhen, Chirurgien général expérimenté, est dotée d’une équipe pluridisciplinaire composée de trois chirurgiens digestifs, deux endocrinologues, trois diététiciennes et un psychologue. Au cas par cas, les patients subissent ou non une chirurgie destinée à les aider à perdre du poids. La chirurgie n'est cependant pas une étape obligatoire. « Elle doit arriver après une longue réflexion. C'est souvent la dernière chance, lorsqu'on a déjà tout essayé et que l'excès de poids semble impossible à perdre avec un simple régime. Maintenant, si le patient n'est pas décidé, n'est pas prêt ou ne rentre pas dans les critères légaux, une autre prise en charge peut être proposée. Néanmoins, que le parcours du patient soit chirurgical ou non, à la Clinique André Renard, nous pensons que la pluridisciplinarité est essentielle pour s'occuper d'un patient obèse. Nous pouvons proposer, selon chaque cas, un suivi diététique évidemment, mais aussi un bilan endocrinologique, un accompagnement psychologique ou encore un suivi en nutrition, qui constitue ici une nouvelle offre de soins puisque cette nouvelle consultation va ouvrir en ce début mars ! » explique Sophie Reip.

Pour les patients entamant un parcours de chirurgie bariatrique, par sleeve ou par by-pass, nécessitant un accompagnement et un suivi médical rigoureux, la Clinique de l’obésité a établi un parcours de soins structuré, qui permet de les soutenir de A à Z. En pré-opératoire, plusieurs consultations sont prescrites aux patients. Ainsi, l’équipe soignante, assistée des services de gastro-entérologie, de radiologie et de neurologie, réalisent l’ensemble des examens standards, des analyses et des prises de paramètres nécessaires. Bien que ce processus annonce les prémices d’une nouvelle vie pour les patients, il peut s’avérer déstabilisant et source de doute et d’inquiétude pour ceux-ci. Pour pallier cette problématique, la Clinique de l’obésité dispose d’un club inédit. Les patients peuvent, s’ils le souhaitent, « adhérer » au Gastro-Club, créé par le Pr Claude Desaive.

Ce programme, qui fêtera ses 30 ans d’existence cette année, réunit les patients accompagnés de leurs entourages proches (familles et amis) autour de diverses activités telles que des banquets, des ballades ou encore des conférences mensuelles par exemple. Ces moments leur permettent de tisser des liens et d’échanger leurs expériences. L’équipe médicale est également présente lors de ces activités, ce qui permet aux patients d’avoir des échanges moins « formels », mais toutefois professionnels, avec eux. L’atout de ce club réside dans son pouvoir d’instaurer des liens de confiance et de créer une relation plus « humaine » entre les patients mais également entre les patients et les soignants. Malheureusement, suite à la pandémie de la COVID-19, les activités du club sont pour le moment suspendues.

Une fois l’opération réalisée, le suivi post-opératoire se met en place. En plus des activités du Gastro-Club ainsi que les nombreuses séances de kinésithérapie dédiées à la rééducation, les patients bénéficient également d’un suivi diététique, psychologique et endocrinologique régulier, selon les besoins. Cependant, pour assurer la totale réussite de son traitement, chirurgical ou non, il est nécessaire d’avoir une bonne hygiène de vie. « Pour moi, l'hygiène de vie est essentielle. On se retrouve parfois face à des patients qui sont complètement déstructurés, sans horaire et qui mangent de manière anarchique. Il faut d'abord essayer de mettre un cadre, une structure dans leur journée avec un travail ou des activités diverses, et surtout un sommeil de qualité. Ensuite, pourront se greffer à cela des repas et des collations équilibrés. Il est également important de pratiquer une activité physique régulière qui leur plait. Enfin, il faut pouvoir trouver un équilibre entre l'alimentation saine et les petits moments plaisirs afin de ne pas souffrir de frustration. L'alimentation équilibrée peut être délicieuse et pleine de saveurs ! » souligne Sophie Reip.

En 2016, l’OMS annonçait que chaque année 2,8 millions de personnes meurent des conséquences du surpoids ou de l’obésité. Par ailleurs, l’organisme nous apprend également que l’obésité a presque triplé entre 1975 et 2016. Les chiffres rapportés sont alarmants et c’est pour cette raison que de nombreux pays, notamment européens, établissent des programmes destinés à promouvoir les habitudes alimentaires et modes de vie sains comme le Plan Fédéral Nutrition Santé belge. Il est tout de même important de préciser que l’obésité n’est pas une fatalité. Aujourd’hui, de nombreux établissements hospitaliers disposent d’unités dédiées et des professionnels de santé spécialisés en la matière se tiennent à disposition des patients pour les accompagner dans leur bataille contre ces kilos en trop.

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